Ecrire

Les orthographes approchées?

“Mè keskeussè keu sa?”

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Lors de ma lecture de l’ouvrage “Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse” aux éditions Chenelière Education (voir des extraits de l’ouvrage ici), j’ai été interpellée par un dispositif en écriture que je ne connaissais pas : “les 𝒐𝒓𝒕𝒉𝒐𝒈𝒓𝒂𝒑𝒉𝒆𝒔 𝒂𝒑𝒑𝒓𝒐𝒄𝒉é𝒆𝒔” . En résumé, c’est un dispositif qui favorise le questionnement et la réflexion des élèves sur la langue écrite et plus particulièrement, sur l’orthographe des mots. Cette pratique pédagogique comprend 6 étapes :

  1. Le contexte d’écriture et le choix du mot / de la phrase
  2. L’explication de la démarche (consignes de travail)
  3. Les tentatives d’écriture (d’abord individuellement puis en trio) et le partage de stratégies
  4. Le retour collectif
  5. La recherche de la norme orthographique
  6. La conservation des traces et la réutilisation des mots

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur ce dispositif, je vous invite à consulter la fiche pédagogique proposée par atelier.on.ca (disponible ici) ou à vous procurer l’ouvrage “Les orthographes approchées” aux éditions Chenelière Education (oui, suis dingue de cette maison d’édition 😍) (vous pouvez consulter la table des matières et des extraits ici).

Revenons à notre activité… Dans le livre “Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse”, les auteures proposent de partir de l’album “Mè keskeussè keu sa” de Michel Van Zeveren pour explorer les orthographes approchées. Elles offrent même une fiche avec toute la séquence d’enseignement (intentions pédagogiques, déroulement de la leçon, pistes de prolongement, …). C’est vraiment super bien fait ! J’ai donc décidé de tester ce genre de dispositif lors de mes périodes d’atelier d’écriture.

Quelques mots sur l’album :

Résumé de l’éditeur (ici) :

C’est apparu comme ça, un jour, il y a fort, fort longtemps, dans la grotte de Koko et Kiki.
« Oh ! Keskeussè keu sa ? » a dit Koko.
« Sè bizarre, regarde, bras, doigts… » a répondu Kiki.
« Bon, trouvé par terre ? Donk sè crasse. Ééé… crasse dehors ! » a dit Koko en voulant jeter la crasse.
« Oh mè, crasse rigole ! » s’est attendrie Kiki.

Voici la présentation en vidéo de l’album, proposée par l’Ecole des Loisirs :

Intéressé par la suite de l’histoire? Retrouvez les personnages dans “Le tout premier bobo” (ici).

La démarche en classe :

Nous avons donc découvert l’histoire une première fois. Puis j’ai relu l’histoire en projetant les pages en grand sur ma TVI. Les enfants constatent tout de suite que certaines tournures de phrases ne sont pas correctes… On en arrive ensuite au fait que l’orthographe de certains mots n’est pas correcte non plus ! Collectivement, nous choisissons un extrait où l’on repère les mots mal orthographiés. Sur leur feuille, les enfants recopient l’extrait choisis et entourent les mots mal orthographiés. Puis, chacun a l’occasion de réfléchir individuellement à la manière d’écrire les mots entourés (en fonction de ses connaissances, de ses hypothèses, …).

Ensuite, les enfants sont placés par groupe de 3 et doivent discuter de leurs hypothèses pour arriver à choisir une orthographe pour chaque mot. Ils doivent justifier leurs choix afin d’arriver à une proposition commune. Par après, un représentant de chaque trio vient écrire sa proposition orthographique pour chaque mot. Il est important, dans cette étape, de faire expliquer les stratégies utilisées pour se mettre d’accord, pourquoi ils l’ont orthographié comme cela, d’observer les ressemblances / différences entre les différentes propositions des groupes, …

Enfin, je leur donnais la norme orthographique en essayant de faire des liens avec les textes / histoires / mots déjà connus des enfants, en utilisant les référentiels orthographiques ou les murs de mots, …

Pour terminer, les enfants doivent recopier l’extrait corrigé de l’histoire sur leur feuille de travail.

Voici un exemple de la trace que les enfants pourront garder dans leur classeur.

Un autre album, que je trouve parfait pour travailler ce dispositif est celui écrit par Michael Escoffier et illustré par Kris Di Giacomo aux éditions d²eux : “La petite bûche”.

La petite bûche par Michaël Escoffier, Kris Di Giacomo ...

Quelques mots sur l’album :

Résumé de la 4e de couverture :

Robear écrit sa première histoire. Pas facile d’éviter les fautes quand on est un ours à GROSSES pattes.”

Vous l’aurez compris, c’est l’histoire d’un ours, prénommé Robear (rien que ça, c’est drôle 😄) qui a une histoire à raconter. Et il est fort concentré pour bien la taper à la machine à écrire. Mais avec ses grosses pattes, son histoire de biche qui va laver son linge à la rivière se transforme en bûche qui lave son singe. Heureusement que l’écureuil veille au grain et aide comme il le peut son ami l’ours à assurer la cohérence de son histoire.

Page intérieure du livre La petite bûche
Page intérieure du livre La petite bûche
Images reprise du site de l’éditeur ici

Si vous ne connaissez pas encore Michael Escoffer, cet album est parfait pour découvrir son univers rempli de jeux de mots. Les illustrations de Kris Di Giacomo sont sublimes et apportent autant d’humour que le texte. 🤍

La démarche en classe :

Evidemment, cet album est parfait pour travailler les orthographes approchées. Concrètement, avec mes cocos, je leur raconte le presque toute l’histoire d’une traite, jusqu’au moment où l’écureuil jette l’éponge et s’en va. On est d’accord, c’est le moment PARFAIT pour que nous, jeunes auteurs, aidions Robear à terminer et corriger son texte. 😁 On découvre donc les deux pages suivantes de l’histoire, qui constitueront notre extrait à corriger.

Après avoir appliqué la démarche des orthographes approchées, je leur lis la fin de l’histoire… qui est du “Michael Escoffier” tout craché ! 😂 Franchement, vos élèves vont ADORER !

Evidemment, je compte poursuivre ce dispositif en partant d’autres albums et en variant les mises en contexte (cacher un mot du texte et le faire deviner puis le faire écrire, partir de la phrase du jour, …). Grâce à cette stratégie, j’espère que mes élèves développeront des démarches réflexives sur l’orthographe de leurs mots dans leurs productions écrites.

Il existe encore plein d’autres dispositifs qui favorisent la réflexivité des enfants lors de leurs productions écrites. Je vais essayer de vous en présenter régulièrement, si le sujet vous intéresse ! ☺

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